Téléchargez ici la plaquette de présentation, réalisé à l’occasion du Cinéclub organisé par le platforme Community Land Trust Bruxelles le 17 octobre 2011.
Les Community Land Trust, une innovation joignant solidarité et créativité individuelle
Face à l’exclusion générée par la hausse du prix du foncier, des communes et des associations ont créé aux Etats-Unis des organisations visant à acquérir des terres et à les gérer comme un bien commun. Ils ont fondé les Community Land Trust (CLT) qui acquièrent, possèdent et gèrent des terrains et des bâtiments avec la collectivité et pour le bien de la collectivité. Ils parviennent à maintenir des logements accessibles de façon perpétuelle et à créer des logements, des lieux de production et des lieux de sociabilité accessibles aux revenus les plus bas sur des terrains en voie de valorisation.
Leur fonctionnement se base sur quelques mécanismes novateurs :
1. Le trust est toujours propriétaire de la terre.
2. Il y a une séparation du foncier et du bâti, le bâti appartenant aux utilisateurs qui obtiennent un droit d’usage de ce foncier.
3. L’acquéreur du droit d’usage a tous les droits liés à la propriété : droit d’utiliser la chose aussi longtemps qu’il le souhaite, droit de disposer de la chose (ex : la transformer, la vendre, la donner, etc.).
Il se voit contraint cependant à respecter deux conditions :
- Lorsqu’il vend sa propriété, le trust utilise son droit de préemption et le vendeur ne reçoit qu’un quart de la valeur ajoutée de son bien, le reste revient au trust.
- Il doit occuper lui-même le bien.
4. Le maintien perpétuel du subside au sein du trust pour garantir l’accessibilité Le subside de départ (le prix de la terre) est déduit du prix de vente du bien. De même, les 75% de la valeur ajoutée cédés par le vendeur du bien sont également déduits du coût total du logement. Ce mécanisme permet en quelque sorte d’actualiser le subside en captant la pus value foncière.
5. L’organe décisionnel du trust inclut les usagers, le quartier et les pouvoirs publics avec, pour chacune de ces fonctions, 33 % du pouvoir de décision. Les personnes qui vivent aux alentours des CLT y ont donc un intérêt, soit financier, soit lié à l’usage qu’ils font des espaces, soit de soutien moral. A ce titre, ils sont impliqués dans la gouvernance du CLT.
6. Le trust est responsable devant les usagers, les quartiers et les pouvoirs publics de l’accessibilité du patrimoine géré aux plus bas revenus. Il suit les ménages impliqués dans la valorisation et le maintien de leur bien, ainsi qu’ils accompagnent leur capacité à le financer.
7. La réussite des CLT se base sur la mise en oeuvre d’une très forte mixité de citoyens et de fonctions sur les mêmes espaces.
- La mixité de citoyen se base sur deux éléments principaux : l’accès aux espaces valorisés par le retrait du prix de la terre de l’achat de la maison d’une part, la diversité de liens juridiques entre l’habitant et l’habitat d’autre part (des personnes qui louent dans les mêmes espaces que des personnes qui achètent en propriété pleine, d’autres en propriété mixte, d’autres encore en coopérative).
- La mixité de fonction se matérialise par la coexistence dans les mêmes lieux d’espace de production pour des entreprises d’économie sociale, d’espaces destinés au logement, d’espaces destinés aux infrastructures d’intérêt collectif…
Les Community Land Trust se profilent comme des formes de création de logements et de morceaux de ville rendant effectifs les souhaits de ville durable, sous le rapport tant économique, que social et environnemental.
- Economiquement, il permet de produire du logement accessible à de meilleurs prix que le logement social ou l’aide à l’acquisition. De même, permet-il de capitaliser la plus-value foncière pour des fins d’utilités générales.
- Socialement, il permet de fournir un logement accessible, néanmoins investi affectivement par les familles y résidant. Le logement leur appartient, seul le foncier ne leur appartient pas. Le CLT permet encore de créer un opérateur de développement du quartier qui rassemble pouvoirs publics, utilisateurs et habitants dans une même dynamique.
- Ecologiquement, il repose sur l’idée fondamentale que la terre est un bien commun et qu’il revient à tous de la préserver. Il permet encore au travers de l’accompagnement de l’ensemble des personnes qui résident sur ses terres, d’inciter à la mise en oeuvre de transformation verte des logements et du quartier.
Les ouevres d’arts sur ces pages sont le travail des enfants de l’association Molenbeekoise Notre Coin de Quartier, pour l’expo Regards sur la Ville


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